(Actualisé avec nouveau bilan des victimes, Premier ministre qatari à Téhéran §10)
L'explosion qui s'est produite samedi dans le port de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, a déclaré le chef local des pompiers, cité par l'agence de presse semi-officielle iranienne Mehr.
"Il s'agit d'une évaluation préliminaire. Mes collègues fourniront plus de détails dans les prochaines heures", a ajouté Mohammad Amin Liaqat, chef des pompiers, dans une vidéo publiée par Mehr.
L'explosion a fait au moins deux morts et 14 blessés, ont rapporté les médias d'Etat.
Le port de Bandar Abbas se trouve sur le détroit d'Ormouz, entre l'océan Indien et le Golfe, par lequel transite environ 20% du commerce maritime de pétrole.
Cette explosion survient dans un contexte de tensions exacerbées entre l'Iran et les Etats-Unis, qui amassent des forces dans la région après la répression sanglante des manifestations à Téhéran et dans de nombreuses autres villes du pays.
Par ailleurs, quatre personnes ont été tuées dans une explosion de gaz survenue dans la ville d'Ahvaz, près de la frontière irakienne, a rapporté le quotidien d'État Tehran Times. Aucune autre information n'était disponible dans l'immédiat.
LA PRESSION S'ACCENTUE SUR L'IRAN
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'une "armada" se dirigeait vers l'Iran. Plusieurs sources ont indiqué vendredi que Donald Trump réfléchissait à diverses options, dont des frappes ciblées contre les forces de sécurité iraniennes.
Le chef du Conseil de sécurité iranien, Ali Larijani, a affirmé samedi sur le réseau social X que les travaux sur un cadre de négociations avec les États-Unis progressaient, minimisant l'"atmosphère créée par une guerre médiatique artificielle".
Le Premier ministre du Qatar, le cheikh Mohammed ben Abdoulrahman al Thani, a rencontré Ali Larijani à Téhéran et ils ont passé en revue les efforts déployés pour apaiser les tensions dans la région, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères qatari.
De son côté, Donald Trump a indiqué que l'Iran était "en train de négocier, donc nous verrons ce qui se passera", a rapporté sur X la correspondante de Fox News Jacqui Heinrich.
"Vous savez, la dernière fois qu'ils ont négocié, nous avons dû détruire leur programme nucléaire, cela n'a pas fonctionné, vous savez. Ensuite, nous avons utilisé une autre méthode, et nous verrons ce qui se passera", a encore dit le président américain à la journaliste.
L'agence de presse semi-officielle Tasnim a par ailleurs démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles un commandant de la marine du corps des Gardiens de la révolution avait été pris pour cible.
Les Gardiens de la révolution, corps d'élite du régime iranien, ont démenti les rumeurs sur la mort du chef de leur marine, selon les médias d'Etat.
Deux responsables israéliens ont déclaré à Reuters qu'Israël n'était pas impliqué dans cette explosion.
Au moins 5.000 personnes, dont 500 membres des forces de sécurité, ont été tuées dans ce mouvement de contestation, né des difficultés rencontrées par la population iranienne face à l'inflation, a dit un responsable iranien à Reuters.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré samedi que les Etats-Unis, Israël et certains pays européens cherchaient à exploiter les difficultés économiques de l'Iran, à nourrir l'agitation et à fournir à certains les moyens de "déchirer le pays".
Le port de Bandar Abbas a été le théâtre d'une importante explosion en avril dernier, qui a fait des dizaines de morts et plus de 1.000 blessés. La commission d'enquête avait à l'époque imputé l'explosion à des manquements dans l'application des principes de protection civile et de sécurité.
(Rédaction de Dubaï, avec Menna Alaa El-Din, Enas Alashray au Caire, Phil Stewart à Washington et Edward Carron à Londres ; version française Bertrand Boucey et Kate Entringer)

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